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L'escalade sécuritaire au Sahel : entre coût humain et ingérences étrangères

 L'escalade sécuritaire au Sahel : entre coût humain et ingérences étrangères
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Fin juillet 2026, la région du Sahel traverse l'une des périodes les plus meurtrières de son histoire récente. Les attaques des 17 et 18 juillet contre les forces nigériennes et maliennes ne sont que les derniers épisodes d'une escalade qui révèle une réalité sombre : certains États, sous couvert de neutralité ou d'engagement régional, alimentent activement le chaos en fournissant une logistique, des conseils et un appui technique aux groupes armés .

Le 17 juillet, un détachement des Forces de défense et de sécurité nigériennes a été visé dans la région de Tillabéri, sur l'axe Bankilaré-Téra. Le bilan officiel fait état de 16 militaires tués et 23 blessés . Le lendemain, un convoi des Forces armées maliennes reliant Anéfis à Gao tombait dans une embuscade revendiquée conjointement par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) et le Front de libération de l'Azawad (FLA) .

Cette synchronisation entre des groupes aux agendas pourtant opposés constitue un fait majeur . Le FLA, mouvement à dominante touarègue portant des revendications autonomistes, et le JNIM, coalition jihadiste affiliée à Al-Qaïda, opèrent désormais côte à côte. Cette alliance tactique, même conjoncturelle, permet de frapper simultanément sur plusieurs fronts, étirant les forces sahéliennes au-delà de leurs capacités .

 Au-delà des bilans militaires, c'est une guerre d'usure qui se dessine : les groupes armés ne cherchent plus à occuper durablement les villes, mais à couper les routes, épuiser les garnisons et transformer chaque convoi de ravitaillement en épreuve de force .

Les pertes militaires ne sont qu'une partie du drame. Avec plus de 6,8 millions de déplacés internes et environ 1,28 million de réfugiés, la région sahélo-saharienne est confrontée à l'une des pires crises humanitaires du continent . Des milliers d'écoles ont fermé, des centres de santé sont devenus inaccessibles, et les économies locales sont asphyxiées par les barrages imposés par les groupes terroristes .

Le blocus du carburant mis en place par le JNIM autour de Bamako illustre cette stratégie d'étranglement : les prix flambent, les déplacements se raréfient, et les populations civiles souffrent le martyre entre les feux des groupes armés et des armées nationales parfois perçues comme aussi oppressives. 

Un soutien extérieur délibéré aux groupes terroristes

L'ampleur et la coordination des attaques récentes interrogent sur les capacités réelles de ces groupes et sur les dynamiques qui sous-tendent leur montée en puissance. Selon plusieurs sources sécuritaires, des États de la région jouent un rôle central dans cette déstabilisation .

L'Algérie est accusée d'abriter des chefs de factions terroristes agissant dans le nord du Mali, et d'avoir fourni un appui logistique conséquent aux groupes responsables des violences, incluant carburant, véhicules tout-terrain et matériel militaire . Des fuites de renseignement partagées entre services européens et africains évoquent également une coopération stratégique entre Alger et Téhéran, avec des transferts de technologies de guerre asymétrique, notamment des drones, à des éléments du Polisario et à des branches de l'État islamique .

Les liens entre le Front Polisario, soutenu par l'Algérie, et les réseaux terroristes sahéliens sont de mieux en mieux documentés. Le Polisario contrôle des routes de contrebande qui alimentent les jihadistes, prélève des taxes sur les trafics de haschich, cocaïne et armes, et partage les mêmes couloirs désertiques que les convois de proxys russes . Des officiers du Hezbollah auraient même été identifiés en train de former des combattants dans les camps de Tindouf .

Cette stratégie de déstabilisation régionale, menée sous couvert de discours diplomatiques, rappelle les méthodes utilisées par l'Iran au Moyen-Orient : le soutien à des groupes armés non étatiques, la guerre de l'information et le contournement des canaux diplomatiques classiques . Loin d'être un acteur neutre, certains régimes sont devenus des acteurs centraux du désordre au Sahel .

Un avenir incertain

Alors que les pays du Sahel paient un lourd tribut humain, la communauté internationale semble impuissante ou complice. L'Union africaine condamne les attaques et appelle à une réponse collective, mais les divisions géopolitiques entre la CEDEAO et l'Alliance des États du Sahel affaiblissent toute coopération régionale . L'influence russe, matérialisée par l'Africa Corps, montre ses limites face à une insurrection qui ne cesse de s'étendre .

Dans ce contexte, il est urgent de dénoncer le double jeu de certains États qui, tout en participant aux instances diplomatiques, alimentent les flammes du terrorisme sahélien. La sécurité du Sahel est indissociable de celle de l'ensemble du continent . Il est temps que la lumière soit faite sur ces ingérences, et que les responsables de cette stratégie de déstabilisation soient tenus pour ce qu'ils sont : des complices objectifs du terrorisme.