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Le Polisario sera-t-il bientôt classé organisation terroriste ?

Le Polisario sera-t-il bientôt classé organisation terroriste ?
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Fin juillet 2026, les appels en faveur de la désignation du Front Polisario comme organisation terroriste se multiplient à Washington, alors que s'accumulent les preuves de ses collusions avec des réseaux jihadistes au Sahel et de son soutien actif par l'Algérie et l'Iran.

Le Polisario Front Terrorist Designation Act (H.R. 4119), introduit en juin 2025 par le représentant républicain Joe Wilson avec le démocrate Jimmy Panetta comme premier cosignataire, a franchi une nouvelle étape. Le 9 juillet 2026, les représentants Scott DesJarlais et Matt Van Epps ont rejoint le projet, portant à 16 le nombre de cosignataires à la Chambre des représentants. Une dynamique similaire s'est engagée au Sénat, avec les sénateurs Ted Cruz, Tom Cotton, Rick Scott et David McCormick défendant une proposition de loi parallèle.

Le texte ne désigne pas automatiquement le Polisario comme organisation terroriste, mais exige du secrétaire d'État qu'il détermine, dans un délai de 90 à 180 jours, si le mouvement remplit les critères légaux, tout en fournissant au Congrès un rapport détaillé sur ses relations avec l'Iran, la Russie, le Hezbollah, les Gardiens de la révolution islamique et le PKK.

Les auteurs du projet de loi s'appuient sur un faisceau de preuves. Le Congrès constate que le Polisario entretient des liens idéologiques et opérationnels avec l'Iran depuis au moins 1980, lorsque ses combattants posaient déjà avec des portraits de l'ayatollah Khomeini. En 2018, trois officiers du Hezbollah ont été identifiés comme instructeurs dans les camps de Tindouf ; l'un d'eux, tué en novembre 2023 par une frappe israélienne en Syrie, avait été sanctionné par les États-Unis pour avoir orchestré le raid de Karbala en 2007 qui a coûté la vie à cinq soldats américains.

L'appui iranien a évolué vers la fourniture de matériel létal. En 2022, le ministre de l'Intérieur du Polisario, Omar Mansour, déclarait que ses combattants s'entraînaient au montage et à l'utilisation de drones armés. Un an plus tard, des images montraient des munitions de type iranien en circulation. The Washington Post a confirmé en avril 2025 que l'Iran avait formé des combattants du Polisario et leur avait fourni des drones.

Une économie criminelle qui alimente les jihadistes

L'engrenage terroriste du Polisario repose également sur une économie de la contrebande transsaharienne. Selon un article d'analyse publié par The Daily Signal, cosigné par Robert Greenway et Amine Ghoulidi, les combattants du Polisario « prélèvent des taxes sur les routes de contrebande qui alimentent les jihadistes du Sahel ».

Haschich, cocaïne et armes circulent sur ces axes, avec à la clé des prélèvements profitant à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Le parcours d'Adnan Abou Walid al-Sahraoui, ancien combattant du Polisario devenu chef de l'État islamique au Grand Sahara, illustre tragiquement cette porosité entre séparatisme et jihadisme. Des rapports signalent également que des soldats sahraouis, environ 60, ont rejoint AQMI, où ils sont considérés comme des recrues d'expérience.

Depuis les camps de Tindouf, hors d'atteinte des forces marocaines, le Polisario organise ses opérations, stocke ses armes et consolide ses alliances. Le soutien financier et logistique d'Alger permet de maintenir cette infrastructure, couvrant salaires et campagnes de lobbying à l'étranger. Le mouvement pourrait mobiliser jusqu'à 40 000 combattants, selon des évaluations de défense, constituant un vivier que les recruteurs jihadistes ont déjà tenté d'approcher.

Parallèlement, la Russie tisse des liens persistants avec le groupe via des plateformes d'influence proches du Kremlin. Des représentants du Polisario ont côtoyé des vétérans du Donbass, et les réseaux de contrebande qu'il contrôle croisent désormais les itinéraires des convois de Wagner au Sahel. Cette convergence d'intérêts entre Alger, Téhéran et Moscou fait du Polisario un véritable proxy régional au service d'une stratégie de déstabilisation de l'Afrique du Nord et du flanc sud de l'OTAN.

Face à ce faisceau de preuves, la pression s'accentue sur Washington pour inscrire le Polisario sur la liste des organisations terroristes mondiales, comme le permet le décret exécutif 13224. Une telle décision aurait des conséquences majeures : interdiction de soutien matériel, gel des avoirs, et placement de l'Algérie dans une position diplomatique intenable pour son soutien à une organisation désormais qualifiée de terroriste.