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Internet des objets en Afrique : une croissance tirée par les opérateurs mais dépendante de l’extérieur

Le marché africain de l’Internet des objets affiche une progression rapide, portée par les réseaux mobiles. Cette expansion repose toutefois sur des infrastructures coûteuses et des technologies importées. L’enjeu concerne la capacité du continent à capter la valeur générée.

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Internet des objets en Afrique : une croissance tirée par les opérateurs mais dépendante de l’extérieur

L’Internet des objets connaît une expansion rapide en Afrique, portée par la diffusion des technologies mobiles. Le Economic Report on Africa 2026 estime que ce marché est passé à 7 milliards de dollars en 2024 et pourrait atteindre 20 milliards de dollars d’ici 2031 . Cette progression s’appuie sur l’augmentation du nombre de connexions et l’intégration des objets connectés dans les activités économiques.

Ce développement repose sur un mécanisme d’extension des réseaux. Les opérateurs télécoms investissent dans les infrastructures nécessaires pour connecter les équipements, tandis que les entreprises adoptent ces technologies pour améliorer leur productivité. Cette diffusion concerne notamment l’agriculture, l’énergie et les services urbains.

Cependant, cette croissance masque une dépendance structurelle. Les équipements IoT sont majoritairement importés, ce qui limite l’industrialisation locale. La Banque mondiale souligne en 2025 que les économies africaines restent peu intégrées dans les chaînes de valeur technologiques mondiales, ce qui réduit leur capacité à capter les gains de productivité.

Les revenus générés confirment cette asymétrie. Les opérateurs pourraient atteindre 61 milliards de dollars de revenus d’ici 2030 , mais une part importante de cette valeur est captée par les fournisseurs internationaux d’équipements et de logiciels.

La BAD met en évidence une autre limite : le coût des infrastructures. Les investissements nécessaires pour étendre les réseaux restent élevés, ce qui ralentit la diffusion dans les pays à faible revenu. Cette contrainte freine l’adoption et accentue les écarts entre économies africaines.

À l’échelle continentale, cette situation produit un effet de polarisation. Quelques pays concentrent les investissements et les usages, tandis que les autres restent en marge. Cette fragmentation limite l’émergence d’un marché intégré.

Ainsi, l’Internet des objets apparaît comme un vecteur de modernisation, mais sa contribution à la transformation économique dépendra de la capacité de l’Afrique à développer ses propres capacités industrielles.